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  • PGOC et RecoStaR 2026 : guide du récolement classe A

    20/09/2026

    Récolement des réseaux · Géoréférencement · QA/QC

    PGOC et RecoStaR : réussir un récolement classe A

    Du relevé avant remblaiement au fichier GML contrôlé, la fiabilité d'un plan géoréférencé des ouvrages construits repose sur une chaîne de preuve. Voici les décisions à verrouiller pour produire un livrable exploitable par l'entreprise de travaux, le maître d'ouvrage et le gestionnaire de réseau.

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    Cadrer un relevé géoréférencé

    Réponse technique rapide

    Un PGOC est le relevé géoréférencé des ouvrages réellement construits, destiné à mettre à jour la cartographie patrimoniale et à intégrer le dossier de fin d'ouvrage. Pour être recevable, il doit associer la géométrie X, Y, Z, le bon référentiel, les points singuliers, les attributs métier, la méthode de levé et des contrôles traçables. Dans les marchés Enedis utilisant RecoStaR, la restitution s'appuie notamment sur un GML conforme à la déclinaison de StaR-Elec, une édition PDF et un certificat de conformité. Les pièces du marché restent la référence : elles fixent la version, les formats, les délais et les aptitudes exigées.

    Pourquoi le PGOC est un livrable de décision

    Le plan géoréférencé des ouvrages construits est parfois traité comme une formalité produite en fin de chantier. Cette approche est risquée : au moment où le livrable est dessiné, la tranchée est souvent remblayée et les ouvrages ne sont plus directement observables. Une information manquante ne peut alors être reconstituée qu'avec une méthode indirecte, des réserves ou une nouvelle intervention.

    Le sujet est particulièrement actuel : la documentation publique du PCRS rappelle l'échéance du 1er janvier 2026 pour le référencement en classe A des ouvrages souterrains sensibles sur l'ensemble du territoire et des ouvrages non sensibles dans les aires urbaines. Cette échéance ne crée pas un format unique de récolement, mais elle accroît le besoin de données localisées, structurées et vérifiables.

    Le PGOC doit donc être préparé avant l'ouverture de la fouille. Il relie le chantier, le relevé topographique, la cartographie DAO ou SIG et le dossier des ouvrages construits. Son utilité ne tient pas seulement au dessin : elle tient à la capacité de prouver où se trouve l'ouvrage, ce qui a été mesuré, dans quel état, avec quelle méthode et selon quel système de coordonnées.

    Pour les projets qui combinent ouvrages visibles, environnement construit et réseaux enterrés, un relevé Scan 3D peut documenter le contexte de surface et les interfaces. Il ne dispense ni du levé direct des réseaux en fouille ouverte, ni du rattachement topographique, ni des exigences de qualification prévues au marché.

    Classe A : ne pas confondre seuil réglementaire et tolérance projet

    L'arrêté du 15 février 2012 définit la classe A par une incertitude maximale de localisation inférieure ou égale à 40 cm pour un ouvrage rigide et à 50 cm pour un ouvrage flexible. Pour un ouvrage linéaire souterrain représenté par un trait, les coordonnées concernent la génératrice supérieure.

    Ces valeurs sont des limites de classement réglementaire. Elles ne signifient pas qu'un cahier des charges doit accepter une erreur de 40 ou 50 cm, ni qu'un affichage de coordonnées au centimètre prouve une précision centimétrique. Le nombre de décimales décrit la résolution de restitution ; la précision résulte de la chaîne de mesure, du rattachement, des contrôles et du traitement.

    Exigence réglementaire

    Classe de précision applicable à la localisation de l'ouvrage selon la réglementation anti-endommagement.

    Exigence contractuelle

    Tolérance, gabarit d'erreurs, méthode de contrôle, taux d'échantillonnage et critères d'acceptation définis au marché.

    Preuve de résultat

    Points de contrôle, métadonnées, rapport de calcul, cohérence topologique et certificat de conformité du format attendu.

    PGOC, PCRS et RecoStaR : trois objets à distinguer

    Objet Fonction Contenu principal Point de vigilance
    PGOC Documenter les ouvrages réellement construits pour la réception et la mise à jour cartographique. Géométrie géoréférencée, points levés, attributs, édition lisible et pièces de contrôle selon le marché. Le format historique ne doit pas être reconduit automatiquement sans vérifier les pièces contractuelles.
    PCRS Fournir un fond de plan du corps de rue à très grande échelle. Éléments de voirie et de surface servant de référentiel partagé. Le PCRS ne contient pas les réseaux enterrés ou aériens ; il sert de fond, pas de PGOC.
    RecoStaR Structurer le récolement électrique selon une déclinaison du géostandard StaR-Elec. Objets, géométries, relations, attributs et métadonnées échangés notamment en GML. Conformité syntaxique et cohérence métier sont deux contrôles différents, tous deux nécessaires.

    En 2026, la bonne question n'est donc pas « faut-il livrer un DGN ou un GML ? », mais « quel référentiel, quelle version et quel profil d'échange le marché impose-t-il ? ». La réponse doit être figée avant la création des codes terrain et des règles de saisie.

    Méthode en 7 étapes pour produire un récolement vérifiable

    01

    Lire les pièces contractuelles

    Identifier le gestionnaire, la version du référentiel, le système de coordonnées, les formats, les délais, les aptitudes requises et la procédure de validation.

    02

    Construire le dictionnaire de levé

    Associer chaque câble, fourreau, accessoire, affleurant et point singulier à un code terrain, une géométrie, des attributs obligatoires et une règle de mesure.

    03

    Planifier avant remblaiement

    Créer un point d'arrêt chantier : aucun tronçon critique ne doit être remblayé avant acquisition, contrôle de complétude et validation de la fiche de terrain.

    04

    Acquérir en X, Y et Z

    Lever la génératrice supérieure, les changements de direction et de pente, les extrémités, jonctions, accessoires, émergences et emprises utiles, avec une densité adaptée à la géométrie réelle.

    05

    Rattacher et compenser

    Documenter le système géodésique, la projection, l'altimétrie, les points de référence, la méthode de rattachement, les fermetures et les éventuelles transformations.

    06

    Structurer le livrable

    Transformer les observations en objets cohérents : géométries, relations topologiques, attributs, statuts, méthodes de levé et métadonnées de projet.

    07

    Contrôler puis réceptionner

    Vérifier la précision, la complétude, la topologie, les attributs, la projection, la lisibilité du PDF et la conformité du fichier d'échange avant dépôt contractuel.

    Choisir la méthode d'acquisition selon l'état de la fouille

    Fouille ouverte

    Le relevé direct des ouvrages visibles est à privilégier. GNSS, station totale, photogrammétrie ou acquisition 3D peuvent être combinés si la méthode atteint les performances exigées et si le donneur d'ordre l'accepte.

    Décision : mesurer avant remblaiement et conserver la preuve de l'état observé.

    Fouille fermée

    La détection active géoréférencée peut être admise dans certaines configurations et sous les conditions du gestionnaire. Son résultat dépend de l'accessibilité, de la conductivité, des interférences et de la maîtrise de l'opérateur.

    Décision : qualifier la méthode indirecte et déclarer ses limites.

    Contexte multi-réseaux

    Le géoradar peut compléter l'analyse d'un sous-sol complexe, notamment lorsque les réseaux ne sont pas conducteurs. Il ne transforme pas automatiquement une détection en PGOC conforme.

    Décision : utiliser la détection et cartographie par géoradar comme une source qualifiée dans une chaîne de validation.

    Quels livrables demander ?

    La composition exacte dépend du contrat. Un ancien CCTP Enedis public décrit un ensemble DGN, CSV et PDF A3 ; la spécification RecoStaR publiée fin 2024 décrit notamment un GML, un PDF et les fichiers géoréférencés complémentaires ayant servi à l'édition. Il ne faut donc pas figer une liste générique sans vérifier le document applicable à l'affaire.

    Donnée métier

    GML RecoStaR ou format DAO/SIG imposé, avec géométries, attributs, relations et métadonnées.

    Édition lisible

    PDF avec fond de plan, légende, échelle, cartouche, repères, cotes de contrôle et réserves.

    Preuves topographiques

    Rapport de rattachement, points de contrôle, précision annoncée, date, instruments et méthode d'acquisition.

    Données sources utiles

    Fichiers de points, photographies datées, nuage de points ou orthophoto, selon ce que le marché autorise et exige.

    Certificat de conformité

    Pour RecoStaR, preuve issue de l'outil de validation prévu par la spécification applicable.

    Registre des écarts

    Zones non observées, points non mesurés, substitutions de méthode, incohérences du fond et actions correctives.

    Lorsque des plans d'ensemble, coupes ou détails complémentaires sont nécessaires, la production de plans 2D issus de relevés doit rester distincte du fichier d'échange réglementé. Un PDF visuellement juste ne garantit pas qu'un GML ou un fichier DAO est structuré correctement.

    Checklist QA/QC avant dépôt

    Référentiel : projection, code, zone, unités et référence altimétrique sont renseignés sans ambiguïté.

    Complétude : chaque tronçon, accessoire, branchement, fourreau et affleurant prévu au dictionnaire a un statut.

    Géométrie : les changements de direction, pentes, courbes, jonctions et emprises sont décrits avec assez de points.

    Topologie : les connexions entre câbles, accessoires, coffrets et postes sont cohérentes.

    Attributs : valeurs obligatoires, listes contrôlées, statuts et méthodes de levé sont renseignés.

    Contrôle indépendant : des points réservés au contrôle sont comparés sans avoir servi au calcul du rattachement.

    Édition : le PDF reste lisible, coté et cohérent avec la donnée numérique.

    Validation : le contrôle automatisé est réussi et le certificat demandé est joint au dossier.

    La même logique s'applique à tout relevé géométrique : une moyenne globale satisfaisante peut masquer une erreur locale. Le guide S3D sur la précision, les tolérances et le contrôle qualité détaille cette distinction.

    Cas d'usage : où l'acquisition 3D apporte-t-elle de la valeur ?

    Tranchée complexe

    Croisements, nappes de fourreaux, changements de niveau et accessoires rapprochés bénéficient d'une documentation 3D dense, sous réserve du rattachement et de la méthode acceptée.

    Poste et émergences

    Le nuage de points documente l'emprise, les façades, les interfaces visibles, les cheminements et le contexte d'implantation.

    Récolement multi-métiers

    Une base géométrique commune facilite la coordination entre électricité, télécom, éclairage, eau et voirie, sans confondre leurs standards de données.

    DOE enrichi

    Le récolement réglementé peut être complété par des plans, un nuage ou une maquette BIM lorsque l'usage patrimonial le justifie. Ces livrables restent contractuellement séparés.

    Les 7 erreurs qui provoquent des rejets ou des réserves

    1. Lancer le relevé sans connaître la version du format ou le système de coordonnées demandé.

    2. Remblayer avant d'avoir contrôlé la complétude des points et des attributs terrain.

    3. Relever uniquement les extrémités d'un tracé courbe ou comportant des changements de pente.

    4. Confondre coordonnées affichées au centimètre et précision démontrée au centimètre.

    5. Utiliser le même point pour construire le rattachement et pour prétendre le contrôler.

    6. Valider seulement le PDF alors que les attributs ou la topologie du fichier métier sont incohérents.

    7. Présenter un livrable techniquement propre sans l'aptitude, la certification ou la preuve exigée par le contrat.

    FAQ sur le PGOC et RecoStaR

    Que signifie PGOC ?

    PGOC signifie « Plan Géoréférencé des Ouvrages Construits ». Il décrit la position réelle des ouvrages exécutés et alimente le dossier de fin d'ouvrage ainsi que la cartographie patrimoniale.

    Un PGOC est-il toujours un fichier DGN ?

    Non. Des prescriptions historiques prévoient notamment DGN, CSV et PDF. Pour les affaires relevant de RecoStaR, le récolement est structuré en GML avec une édition PDF et, si nécessaire, des fichiers géoréférencés complémentaires. Le contrat fixe le format applicable.

    Quelle précision faut-il pour un PGOC classe A ?

    La réglementation définit la classe A par une incertitude maximale de 40 cm pour un ouvrage rigide et de 50 cm pour un ouvrage flexible. Le marché peut imposer une performance plus exigeante et une méthode de contrôle spécifique.

    Faut-il relever les réseaux avant remblaiement ?

    Oui, le relevé direct en fouille ouverte est à privilégier lorsque les ouvrages sont visibles. Il limite l'interprétation et permet de documenter précisément les points singuliers. Une méthode fouille fermée ne doit être utilisée que dans le cadre accepté par le donneur d'ordre.

    Le PCRS contient-il les réseaux ?

    Non. Le PCRS décrit le corps de rue et sert de fond de plan partagé. Les données de réseaux sont gérées dans des jeux de données métier distincts.

    Un contrôle automatique suffit-il pour valider RecoStaR ?

    Non. Le validateur vérifie des règles de format et de structuration, mais la recette doit aussi contrôler la réalité terrain, la complétude, la précision, la cohérence topologique, les attributs et la lisibilité de l'édition.

    Qui peut produire un PGOC Enedis ?

    Le prestataire doit satisfaire les prérequis, aptitudes et éventuelles certifications indiqués dans le marché applicable. Avant commande, il faut vérifier le périmètre exact de son habilitation et le rôle de chaque sous-traitant. Une compétence en acquisition 3D ne vaut pas, à elle seule, aptitude PGOC ou RecoStaR.

    Sources techniques et réglementaires

    À retenir

    Un PGOC fiable se prépare avant le terrain et se contrôle avant le remblaiement. En 2026, la transition vers RecoStaR renforce la valeur de la donnée structurée : projection, topologie, attributs, méthode de levé et preuves de conformité deviennent aussi importants que le dessin. La règle opérationnelle est simple : figer le référentiel contractuel, mesurer l'ouvrage visible, réserver des contrôles indépendants et réceptionner le fond autant que la forme.

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