Guide technique client – BIM, coordination & Scan-to-BIM
1. Contexte et objectif de l’import IFC
Le format IFC (Industry Foundation Classes) est le format d’échange standard en BIM.
Importer un IFC dans ARCHICAD permet de :
- Consulter un modèle BIM issu d’un autre logiciel (Revit, Tekla, Allplan, etc.)
- Coordonner plusieurs disciplines (architecture, structure, CVC, électricité)
- Exploiter un modèle Scan-to-BIM (LOD 300 à 500)
- Vérifier la conformité d’un DOE numérique
- Réaliser des contrôles visuels et techniques sans altérer la maquette source
👉 Point clé : un IFC bien importé dépend à 80 % du choix du traducteur IFC.
2. Préparer le projet ARCHICAD avant import
Avant toute importation, il est fortement recommandé de :
- Ouvrir un projet vierge si le fichier IFC est volumineux
- Vérifier les unités du projet (mètres / millimètres)
- Ne pas modifier les réglages par défaut sans objectif clair
Cette étape garantit :
- de meilleures performances,
- une lecture fidèle du modèle IFC,
- une absence de conflits avec des éléments existants.
3. Procédure d’import d’un fichier IFC
Étape 1 – Lancer l’import
Dans ARCHICAD :
Fichier → Interopérabilité → IFC → Ouvrir IFC
ou
Fichier → Ouvrir → Ouvrir… → sélectionner le fichier .IFC
Formats compatibles :
- IFC2x3
- IFC4
Étape 2 – Choisir le traducteur IFC (étape critique)
ARCHICAD propose plusieurs traducteurs IFC, chacun ayant un usage précis.
Traductions recommandées selon l’objectif
| Objectif client | Traducteur recommandé |
|---|---|
| Consultation / coordination | IFC – Modèle de référence |
| Analyse technique | IFC Reference Model |
| Scan-to-BIM LOD 400–500 | IFC en référence (non éditable) |
| Modification limitée | IFC Import – Editable |
👉 Recommandation professionnelle
Pour un modèle livré par un bureau d’études, un scan 3D ou un partenaire externe, toujours importer en “Modèle de référence”.
4. Paramètres techniques à vérifier avant validation
Avant de cliquer sur Ouvrir, il est essentiel de vérifier les options du traducteur.
4.1 Géométrie
- ✔ Conserver la géométrie exacte (BREP)
- ✔ Ne pas simplifier les formes
- ❌ Éviter la conversion automatique en objets ARCHICAD pour les modèles complexes
➡️ Cela garantit une fidélité géométrique totale, notamment pour :
- structures métalliques,
- tuyauteries,
- éléments industriels.
4.2 Propriétés et données BIM
- ✔ Importer tous les Property Sets (Pset)
- ✔ Conserver les GUID IFC
- ✔ Conserver les classifications IFC
➡️ Indispensable pour :
- traçabilité BIM,
- exploitation des données,
- conformité ISO 19650.
4.3 Organisation du modèle
- Étages IFC → Étages ARCHICAD
- Classes IFC → Calques ARCHICAD
- Un calque par catégorie métier recommandé
5. Import du modèle et temps de traitement
Une fois validé :
- ARCHICAD génère le modèle IFC dans le projet
- Le temps dépend fortement du niveau de détail
| Type de modèle | Temps estimé |
|---|---|
| LOD 300 bâtiment | Quelques secondes |
| LOD 400 technique | 1 à 3 minutes |
| LOD 500 industriel | Plusieurs minutes |
6. Vérifications après import (indispensables)
Après l’import, il est impératif de contrôler :
- ✔ La position du modèle (origine / étages)
- ✔ La visibilité des calques
- ✔ La cohérence des niveaux
- ✔ L’affichage en vue 3D
- ✔ L’accès aux propriétés IFC
👉 En cas de lourdeur :
- masquer certains calques,
- utiliser des vues dédiées,
- éviter les rendus temps réel.
7. Cas particulier : modèle IFC issu d’un Scan-to-BIM
Pour un IFC généré à partir d’un nuage de points :
- Le modèle est géométriquement très précis
- Il ne doit pas être reconstruit automatiquement
- Il doit rester une référence contractuelle
Utilisation recommandée :
- validation technique,
- coordination inter-lots,
- préparation de travaux,
- DOE numérique.
8. Erreurs courantes et solutions
| Problème constaté | Cause | Solution |
|---|---|---|
| Modèle invisible | Mauvaise gestion des étages | Vérifier niveaux et étages |
| ARCHICAD lent | Import éditable inutile | Utiliser IFC en référence |
| Objets non modifiables | Normal en référence | Comportement attendu |
| Propriétés absentes | Mauvais traducteur | Réimport avec bon profil |
9. Bonnes pratiques professionnelles BIM
- Toujours conserver l’IFC comme fichier source
- Ne jamais écraser un IFC sans version
- Nommer clairement les fichiers :
Projet_Zone_Discipline_LOD_Version_Date.ifc - Documenter le traducteur utilisé
- Considérer l’IFC comme document contractuel
10. Conclusion
Importer un modèle IFC dans ARCHICAD n’est pas une simple opération technique :
c’est un acte BIM structurant.
✔ Le bon traducteur garantit la fiabilité
✔ L’import en référence protège les données
✔ La bonne organisation assure performance et lisibilité
Un IFC bien importé permet une collaboration BIM fluide, sécurisée et conforme aux standards professionnels.
