Publié le 21 janvier 2026

IFC et Archicad : compatibilité, usages et bonnes pratiques OpenBIM

Dans les projets BIM collaboratifs, la capacité à échanger des maquettes fiables, exploitables et pérennes est un enjeu central. Le format IFC (Industry Foundation Classes) s’est imposé comme le standard OpenBIM de référence pour garantir l’interopérabilité entre logiciels.
Une question revient souvent chez les maîtres d’ouvrage, architectes et bureaux d’études :
les fichiers IFC s’ouvrent-ils correctement dans Archicad, et jusqu’à quel niveau d’exploitation ?

La réponse est claire : oui, Archicad est l’un des logiciels BIM les plus avancés pour l’exploitation des fichiers IFC. Cet article détaille la compatibilité IFC–Archicad, les usages concrets, les limites à connaître et les bonnes pratiques professionnelles.


1. Qu’est-ce que le format IFC ?

Le format IFC est un format ouvert, normalisé et indépendant des éditeurs, développé et maintenu par buildingSMART.

Il permet de décrire :

  • la géométrie 3D des ouvrages,
  • la sémantique BIM (types d’objets, relations),
  • les propriétés techniques (Psets),
  • la structure du bâtiment (site, bâtiment, niveaux).

L’IFC est aujourd’hui le socle des démarches OpenBIM, imposé dans de nombreux marchés publics et projets industriels.


2. Archicad et l’OpenBIM : une compatibilité native

Archicad est historiquement conçu autour de la philosophie OpenBIM. Contrairement à certains outils qui traitent l’IFC comme un simple format d’import/export, Archicad en fait un format pleinement exploitable.

Formats IFC pris en charge

Archicad supporte nativement :

  • IFC2x3 Coordination View
  • IFC4
  • IFC4.3 (infrastructures et ouvrages complexes)

Cette compatibilité couvre la majorité des flux BIM actuels, en bâtiment comme en industrie.


3. Ouvrir un fichier IFC dans Archicad : fonctionnement

L’ouverture d’un IFC dans Archicad peut se faire de plusieurs manières :

  • Fichier → Ouvrir → IFC (.ifc)
  • Interopérabilité → IFC → Importer
  • Glisser-déposer du fichier IFC dans l’interface

Lors de l’import, Archicad propose des traducteurs IFC, véritables moteurs de conversion permettant de :

  • mapper les entités IFC vers des objets Archicad,
  • conserver ou filtrer les propriétés,
  • gérer la structure des étages,
  • contrôler le niveau de détail importé.

👉 Ces traducteurs sont un point clé de la qualité finale du modèle.


4. Ce qu’Archicad sait exploiter depuis un IFC

Une fois importé, un fichier IFC devient un véritable modèle BIM exploitable :

Géométrie

  • Murs, dalles, poteaux, poutres
  • Charpentes béton, métal, bois
  • Réseaux techniques (selon structuration)
  • Objets complexes (escaliers, garde-corps, équipements)

Données BIM

  • Propriétés IFC (Psets)
  • Classifications (Uniclass, Omniclass, etc.)
  • Identifiants d’objets
  • Relations spatiales et fonctionnelles

Usages concrets

  • Coordination architecte / structure / fluides
  • Vérification de clashs
  • Mise à jour de plans
  • Exploitation en phase EXE ou DOE numérique

5. IFC et niveaux de détail (LOD) dans Archicad

Archicad peut exploiter des IFC allant de LOD 200 à LOD 500, à condition que le fichier source soit correctement produit.

LOD IFCExploitation dans Archicad
LOD 300Très fluide, idéal conception
LOD 350Coordination technique avancée
LOD 400EXE, préfabrication
LOD 500As-built, DOE numérique

⚠️ Un IFC LOD 500 très détaillé (industrie, réseaux denses) peut être lourd. Cela relève plus de la stratégie BIM que d’une limite d’Archicad.


6. Cas spécifique : IFC issus du Scan 3D

Dans les projets de Scan-to-BIM, les IFC sont souvent générés à partir de nuages de points (laser scanner terrestre).

Bonnes pratiques pour Archicad

Pour une exploitation optimale :

  • Géométrie B-Rep propre (éviter le tout triangulé)
  • Objets clairement classés (IfcWall, IfcSlab, IfcPipeSegment…)
  • Hiérarchie bâtiment / niveaux respectée
  • Propriétés structurées et nommées

👉 Un IFC bien produit depuis un relevé laser est parfaitement exploitable dans Archicad, y compris en rénovation lourde ou en milieu industriel.


7. Limites à connaître

Même si Archicad est très performant, certaines limites sont structurelles au format IFC :

  • Certains objets restent génériques selon leur provenance
  • Les familles très spécifiques peuvent perdre des comportements paramétriques
  • Les nuages de points ne sont pas intégrés dans l’IFC (formats E57, RCP, LAS séparés)

Ces limites sont communes à tous les logiciels BIM, pas spécifiques à Archicad.


8. Archicad, IFC et stratégie OpenBIM

Utiliser Archicad avec des IFC, c’est :

  • sécuriser l’indépendance logicielle,
  • garantir la pérennité des données,
  • faciliter les échanges multi-acteurs,
  • répondre aux exigences contractuelles OpenBIM.

C’est pourquoi Archicad est très présent :

  • dans les marchés publics,
  • en rénovation et patrimoine,
  • en coordination BIM multi-logiciels,
  • dans les projets industriels complexes.

Conclusion

✔️ Oui, les fichiers IFC s’ouvrent parfaitement dans Archicad
✔️ Archicad est l’un des outils les plus avancés pour l’OpenBIM
✔️ La qualité dépend avant tout de la production de l’IFC, pas du logiciel
✔️ Un IFC bien structuré permet une exploitation fluide jusqu’au LOD 500

👉 Archicad + IFC constitue aujourd’hui un couple robuste, professionnel et durable pour tous les projets BIM collaboratifs.