Approche ingénierie – géométrie, structuration et interopérabilité BIM
Fichier SketchUp (SKP) issu du Scan 3D :
Comment garantir un modèle exploitable en ingénierie BIM et non un maillage triangulé
Dans les projets de scan 3D, de BIM de l’existant et de réimplantation industrielle, le format SKP peut devenir soit un puissant outil d’ingénierie, soit un fichier inutilisable s’il est mal produit. Cet article expose de manière technique et normée les conditions indispensables pour livrer un SKP réellement exploitable.
1. Problématique fondamentale : SKP « maillé » vs SKP « structuré »
Dans un contexte professionnel, un fichier SketchUp (SKP) peut correspondre à deux réalités techniques radicalement différentes :
- Un SKP triangulé, issu d’une conversion brute de maillage ou de BIM
- Un SKP structuré, reconstruit en volumes, groupes et composants
Visuellement proches, ces deux modèles sont en réalité opposés en termes d’exploitabilité. Cette différence conditionne directement la capacité du client à modifier, déplacer, supprimer ou faire évoluer son modèle.
2. Nature mathématique des géométries 3D
2.1 Géométrie triangulée (mesh-based)
Un modèle triangulé est composé exclusivement de sommets, d’arêtes et de faces triangulaires indépendantes. Il s’agit d’une représentation purement surfacique, sans notion d’objet métier.
Ce type de géométrie est typiquement généré par :
- des maillages issus de nuages de points (OBJ, STL)
- des exports directs IFC ou Revit vers SKP
- des conversions automatisées sans reconstruction
Dans ce cas, SketchUp ne reçoit pas des murs, des dalles ou des machines, mais une simple « peau triangulée ».
2.2 Géométrie volumique structurée (object-based)
À l’inverse, un SKP exploitable repose sur :
- des volumes fermés continus
- des groupes hiérarchisés
- des composants métiers réutilisables
- une organisation par tags (calques)
Cette approche est proche de la logique BIM, même si SketchUp n’est pas un logiciel BIM natif.
3. Limites techniques d’un SKP triangulé en ingénierie
3.1 Limites géométriques
- Surfaces non coplanaires
- Normales incohérentes
- Absence de continuité volumique
3.2 Limites fonctionnelles
- Un mur n’est pas un objet unique
- Une machine est composée de milliers de faces
- Suppression ou modification extrêmement chronophage
3.3 Limites de performance
- Fichiers lourds
- Ralentissements importants
- Instabilité du modèle dans le temps
4. Méthodologie S3D Engineering United® pour un SKP exploitable
4.1 Donnée source : le nuage de points
Le relevé laser 3D produit un nuage de points métriquement fiable (E57, LAS, LAZ), mais inutilisable tel quel dans SketchUp. Une étape de reconstruction est donc indispensable.
4.2 Reconstruction volumique contrôlée
La géométrie est reconstruite à partir de plans moyens, avec des tolérances adaptées à l’existant, afin de produire des volumes simples, continus et exploitables.
4.3 Structuration métier du modèle
- Groupes = entités physiques
- Composants = éléments fonctionnels
- Tags = lecture et filtrage
4.4 Optimisation et contrôle qualité
Chaque modèle est testé en manipulation réelle : déplacement, duplication, suppression, scénarios d’agencement.
5. Conversion automatique vs modélisation d’ingénierie
| Critère | Conversion brute | Approche S3D |
|---|---|---|
| Géométrie | Triangles | Volumes structurés |
| Exploitabilité | Faible | Élevée |
| Durabilité | Limitée | Long terme |
Conclusion technique
Un fichier SKP exploitable n’est jamais le résultat d’un export automatique. Il est le produit d’une démarche d’ingénierie, intégrant reconstruction géométrique, structuration métier et contrôle qualité.
📅 Demandez votre devis en 2 hAI Summary – Résumé exécutif
- Un SKP triangulé est visuellement correct mais inexploitable en ingénierie
- Un SKP structuré repose sur une reconstruction volumique contrôlée
- La méthode de production conditionne 100 % de l’exploitabilité
- S3D Engineering United applique des workflows ISO 9001 et BIM existant
